Le Blavet est un fleuve côtier de près de 150 km de long traversant la Basse-Bretagne du nord au sud depuis les Côtes-d’Armor, jusqu’à la rade de Lorient. Sa canalisation a eu pour objectif de créer un réseau de navigation intérieure performant et compétitif.
Source : DIDOT Firmin, La pèche aux écluses du Blavet, Illustration, La Chasse Illustrée, 1875.
L’idée de doter la Bretagne de canaux n’est pas nouvelle, elle remonte au XVIIIe siècle, sur fond de rivalité avec l’Angleterre. Les premières propositions sérieuses naissent sous la plume de F.-J. De Kersauson avec deux mémoires rédigés en 1746 et 1765, face à la nécessité d’améliorer les liaisons fluviales pour désenclaver les ports militaires et assurer ainsi un accès permanent aux ports de Brest, de Saint-Malo ou encore de Lorient. La dimension stratégique des canaux bretons dépasse alors le seul intérêt économique d’une telle entreprise.
La réalisation du canal du Blavet est ordonnée par l’État le 17 septembre 1802 et la mission de reconnaissance est effectuée par deux ingénieurs P.-J.-B. Pichot et G. Bouëssel mandatés pour sillonner les rives du fleuve jusqu’à Hennebont. La chute de l’Empire, en 1815, provoque l’arrêt des travaux qui ne reprennent qu’en 1820. En novembre 1825, une première péniche remonte le canal depuis Lorient. Mais il faut attendre 1832 pour que le canal soit entièrement ouvert à la navigation. Les écluses sont construites parfois sur les barrages d’anciens moulins, parfois sur des fondations neuves ou directement sur le socle rocheux.
Comme le montre l’absence de passerelle sur la gravure, le franchissement de la rivière, même en cette fin du XIXe siècle n’a pas encore été prévu. Les barrages aménagés offrent cependant l’opportunité aux « pêcheurs locaux » de se livrer à la pêche au carrelet, « profitant » de la mise en place d’un obstacle bloquant la remontée de la rivière aux bancs de poissons.