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Le port d’Hennebont à travers la littérature du XVIIIe siècle (première partie)

 A l’occasion du projet de construction d’un nouveau quai, au pied de l’enclos des capucins, Gilles André, ingénieur des Ponts et Chaussées, livre une représentation figurative, Alain CROIX La Bretagne d’après l’itinéraire de Monsieur Dubuisson-Aubenay, Rennes, PUR, Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, Rennes, 2006, p 279.

Carte figurative des quais par André (ingénieur), 1761

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Même si elle occupe un rang modeste, voire subalterne, notamment par rapport à l’armature des grands ports de dimension internationale, il n’en demeure pas moins nécessaire, pour Hennebont, d’affirmer son rôle et vu de l’étranger, de connaître les spécificités de ce petit port breton.

À ce titre, les livres de géographie, ou simplement descriptifs de l’époque, offrent des points de vue intéressants. Des ouvrages français consultés ressortent essentiellement des descriptions générales, comme dans celui de Boulainvillers, portant sur les principaux ports de l’Évêché de Vannes :

 « Les Marchands de Vannes, Auray & Hennebont font aussi quelque commerce de fer en verges qu’ils tirent des forges de la Province & de miel que l’on fait en quelques Paroisses de l’Évêché. Ils portent l’un & l’autre en Hollande & en rapportent des épices, des poëles, des chaudrons de cuivre & d étain, du fil d’archal & des Lettres de change sur Paris. Ils font aussi commerce de sardine & de congres qui se débitent fort bien dans la Méditerranée & même à Bordeaux, la Rochelle, Nantes & St Malo. Le Mérin que l’on tire des bois du Pays, le beure de l’Évêché de Rennes, le chanvre, la cire vierge, tout cela entre dans le commerce de l’Évêché de Vannes. »

ou encore quelques lignes auparavant :

 « L’Évêché de Vannes hûreusement situé pour le commerce ayant une grande étendue de Côte & plusieurs villes Maritimes, Vannes Auray, Hennebont, qui ont des Ports où les petits Bâtimens entrent avec Facilité. Le Commerce le plus considérable de ce Canton est celui des Bleds qu’on y apporte de toutes les Paroisses de l’Evêché qui sont au nombre de 160, non compris les villes fermées, on estime la vente des Bleds de chaque année tant en gros qu’en détail à la quantité de 6000 tonneaux de Froment & 9000 de Seigle, dont le prix ordinaire tel qu’on l’estime dans les appréciations des baux affermez est de 90 liv pour le tonneau de Froment & 60 liv pour celui de Seigle, ces Bleds se chargent pour l’Espagne & débarquent à St Sébastien, on en porte quelquefois aussi en Portugal & sur la Côte du Golfe de Gascogne, à Bayonne, Bordeaux & la Rochelle, les retours d’Espagne sont avantageux en espèces & en Marchandises du Pays: quand ces Bâtimens portent des Bleds en Normandie, ils en rapportent du Verre & des Pierres de Moulages de Bayonne, des Huilles, du Goudron, du Bray, de la Resine de Bordeaux & de la Rochelle, des Vins de Nantes, des Épiceries &c. »

Toutefois, certains ouvrages se font plus précis, mettant en avant la fonction commerciale de la ville, notamment à travers l’utilisation de son port. Ainsi, dans le Dictionnaire historique et géographique de la Province de Bretagne, de Jean Ogée , il est mentionné que « […] cette ville qui a un port très commode et dont les habitants au nombre de trois mille huit cents font un commerce considérable de grains, de fer, de miel et de sardines ». Le rôle commercial de la ville est mis en avant, même si la liste des produits exportés apparaît modeste, en comparaison des premiers extraits et qu’il n’est absolument fait aucune mention des importations.

 

Sources :

BOULAINVILLIERS Henri (de), État de la France dans lequel on voit Tout ce qui regarde le gouvernement ecclésiastique et  le militaire, la justice,  les finances,  le commerce,  les manufactures, le nombre des habitans & en général tout ce qui peut faire connoître à fond cette Monarchie, volume 2,  à Londres chez T Wood and S Palmer, 1727, pP 68-69, p 253.

OGÉE Jean, op.cit., par M Ogée, ingénieur géographe de cette Province, par Vatar, fils ainé, Nantes, 1778, tome second, p 349.