Jean de Léry, nè en 1536 à la Margelle (actuelle Côte-d’Or) apprend le métier de cordonnier. Converti au protestantisme, il doit se réfugier à Genève auprès de Calvin. En 1557, il part avec treize autres Genevois rejoindre Nicolas de Villegagnon, qui a fondé la « France Antarctique », établissement français dans la baie de l’actuelle Rio de Janeiro. Mais Villegagnon se convertit au catholicisme et chasse les protestants de ce qui s’appelle alors « Fort-Coligny ».
De Léry et ses coreligionnaires doivent alors partager la vie des « Tupinambaoults », indiens anthropophages, avant d’être définitivement expulsés du Brésil, le 4 janvier 1558.
Vingt ans plus tard, après de nombreuses péripéties, son récit de voyage est finalement publié, à Genève, sous le titre « Histoire d’un Voyage fait en la terre du Brésil ». Face au succès du livre, plusieurs versions augmentées suivent.
Le retour du Brésil dure cinq mois marqués par les tempêtes, famines et de nombreuses autres péripéties.
De Léry et ce qui reste de l’équipage débarquent le 26 mai « dans le beau et spacieux hâvre de Blavet [Port-Louis], pays de Bretagne ».
Puis après trois/quatre jours de repos, « nous allames à Hanebon, petite ville à deux lieues de là, en laquelle durant quinze jours que nous y fusmes, nous nous fifmes traiter selon le conseil des médecins. Mais quelque bon régime que nous peussions tenir, la plupart devindrent enflez depuis la plante des pieds jusques au sommet de la tète : et n’y eut que moy et deux ou trois autres qui le fusmes seulement depuis la ceinture en bas. Davantage ayans tous un cours de ventre et tel desvoyement d’estomach, qu’impossible estoit de rien etenir dans le corps, n’eut esté certaines recepte qu’on nous enseigna : assavoir du jus d’hedera terrestris, du riz bien cuit, lequel osté de dessus le feu il faut faire etouffer dans le pot avec force vieux drapeaux, puis prendre des moeufs d’oeuf, et metter le tout ensemble dans un plat sur un réchaut : ayans di-je mangé cela avec des cuillers, comme de la boulie, nous fusmes soudain raffermis : et croy sans ce moyen que Dieu nous suscita que dans peu de iours ce mal nous eut tous emporter. (Gaffarel Paul, Jean de Léry, Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil, nouvelle édition, 1880, Tome 2, pages 175-176).
Finalement, c’est avec un certain soulagement que de Léry semble quitter la ville dans laquelle il a été soigné, « nos mariniers departans de ceste ville de Hanebon pour s’en aller en leur pays de normandie, nous aussi pour nous oster d’entre ces Bretons bretonnans, le langage desquels nous entendions moins que celui des Sauvages Brésiliens d’avec lesquels nous venions » (De Léry Jean, Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil, dite Amérique, pour les héritiers d’Eustache Vignon, 1599, pages 471-472).