Lorsqu’on déambule rue Léo Lagrange, des inscriptions sur une pierre gravée peuvent attirer l’attention du passant. Presque effacés par le temps et la mousse, quelques mots sont encore visibles, « ANNEE MARIALE », surmontant une croix latine et une date « 1954 ».
Photographie de Frédéric Toussaint :
L’année mariale est une année civile durant laquelle, l’Église catholique vénère et célèbre particulièrement Marie, la mère de Jésus. La date de 1954 correspond à une année mariale internationale décidée par le pape Pie XII. Cette pierre est placée dans le mur (partie droite quand on monte) encadrant les escaliers menant à l’entrée de la salle Le Gal-Le Nouène.
L’association La Garde du Vœu, créée en 1909 pour « développer les forces physiques et morales des jeunes gens » est à l’initiative du projet. Au début des années 1950, elle souhaite disposer d’une magnifique salle de sport et de spectacle aux dimensions impressionnantes (55 x 23 m) pour y regrouper ses différentes sections. Le patronage, sous la férule du chanoine Riou, le curé-doyen d’Hennebont, choisit de l’accoler au presbytère, dans son verger. La construction débute en février 1954 et se termine le 28 novembre suivant, et se fait sous la surveillance de trois architectes très actifs dans le secteur en ces années de la Reconstruction : Jean Caillard, René Millot et Charles Perrin. Les travaux, confiés à l’Entreprise du Centre. L’ensemble est entièrement construit en béton avec des voûtes coulées en place qui reposent sur des travées en béton. En 1994, la salle devient propriété de la municipalité : au terme de l’échange, les anciens bains-douches municipaux sont transformés en salles paroissiales. La salle va accueillir les compétitions de tennis de table jusqu’en 2022. Le rez-de chaussée est occupé par un club de musculation. La municipalité demande la labellisation de cet édifice majeur, au titre de l’Architecture contemporaine remarquable afin de mettre ce patrimoine de la reconstruction en valeur, label obtenu en 2024.