Parfois certaines portions de murs peuvent intriguer. C’est le cas ici, avec cette « anomalie » apparaissant dans le mur de clôture de la propriété Saint-Hervé, rue du Viaduc, en face des anciens bâtiments de la Direction Départementale des Territoires acquis par la Ville.
Quelle signification peut avoir cette trace ?
Pour l’expliquer, nous devons nous replonger dans un passé assez lointain. Ici deux éléments se conjuguent. Le premier vient de la volonté du Conseil Général du Morbihan, via la compagnie des Chemins de fer du Morbihan (CM) de faire construire et d’exploiter un réseau de voies ferrées d’intérêt local, à écartement métrique. En 1921, la ligne allant de Port-Louis à Baud est ouverte, une station « Hennebont-Échange » est installée dans la cour de la gare, elle permet les chargements et déchargements de marchandises entre la ligne d’intérêt local et celle d’intérêt général.
Puis, un nouvel embranchement, dépendant de la gare, est créé pour faciliter la desserte marchandises du site des Forges d’Hennebont. Cette voie à écartement standard emprunte le même tracé que la ligne à voie étroite. La section est équipée de quatre files de rail pour le passage des wagons à voie étroite et de ceux à voie normale.
Dans les années trente, trafic des voyageurs et des marchandises sont abandonnés. Le trafic sur la « voie normale » survit à la fermeture du réseau à voie métrique, et continue jusqu’à la fermeture des forges, en 1966.
L’élément apparaissant dans le mur est le dernier témoin de ce passé révolu. Il s’agit de la culée (partie destinée à supporter le poids du tablier d’un pont) d’un ouvrage aujourd’hui disparu, permettant aux trains de franchir la rue du viaduc et de cheminer jusqu’à la gare.